Geronzi se hisse à la tète de Mediobanca

La Tribune

Le patron de Capitalia a été propose pour la présidence du nouveau conseil de surveillance. Statu quo pour le camp Bollorè.

Les principaux actionnaires de Mediobanca ont fixé hier soir les nouveaux équilibres au sein de la banque d'affaires milanaise. La banque, fondée après guerre par Enrico Cuccia, change en effet de mode de gouvernance, mais aussi de tète. Ses actionnaires , alliés dans un pacte réunissant près de 50% du capital, ont établi la liste des 21 administrateurs proposés pour le futur conseil de surveillance qui dirigerà Mediobanca durant trois ans.
A la présidence du conseil de surveillance, ces grands actionnaires ont propose l'actuel vice-président du conseil d'administration, l'inusable Cesare Geronzi. Ce dernier, àgé de 72 ans et dont le mandat arrivait à terme cette année, a profité de la fusion de Capitalia qu'il prèside avec UniCredit pour négocier son poste de numero un de Mediobanca. UniCredit et Capitalia mcumulent en effet 18 % de Mediobanca. Certes, les deux banques se sont engagées à céder durant l'été la moitié de cette participation, histoire de calmer les préoccupations de leurs coactionnaires, en premier lieu celles de Vincent Bollore, inquiet de leur possible mainmise sur Mediobanca.
Il s'agit surtout et toujours d'influer sur l'assureur Generali, dont Mediobanca, actionnaire principal, décide du management. Et justement, le prochain président de Mediobanca, Cesare Geronzi, sera un des quatre membres de droit du conseil des « nominations» de la banque, soit l'organe qui propose l'essentiel des administrateurs de Generali. Les actionnaires étrangers (Groupama, Santander) réunis autour de Bollore maintiennent quatre représentants au conseil de surveillance et ne devraient pas monter au capital au-delà de 11%. Le conseil de surveillance de Mediobanca doit ètre installé l e 27 juin par une assemblée generale extraordinaire, devant entériner au passage une gouvernance duale avec un conseil de gestion, responsable des opérations, nommé par le conseil de surveillance.